Conseiller en gestion de patrimoine : un métier d’avenir

Certaines études affirment que plus de 80 % des emplois de 2030 n’existent pas encore aujourd’hui ! S’il est permis de douter du chiffre annoncé, le phénomène est bien réel. Les mutations économiques et technologiques que l’on connaît actuellement sont intenses, rapides et touchent presque tous les secteurs d’activité. Rarement dans l’histoire récente de l’humanité les incertitudes professionnelles ont été aussi fortes qu’aujourd’hui.

Les métiers manuels sont voués à progressivement disparaître à mesure que les machines évoluent dans leur technicité. De la même façon, beaucoup de services seront automatisables. L’emploi va se concentrer sur les tâches à forte valeur ajoutée, celles que les robots et les programmes informatiques ne peuvent pas appréhender, que ce soit d’un point de vue technique, ou tout simplement dans le cas où le client exige d’avoir affaire à un humain.

Les métiers du conseil s’inscrivent dans ce deuxième cas de figure. Parmi les métiers du conseil, celui de conseiller en gestion de patrimoine est voué à un bel avenir. À l’image du médecin de famille prenant soin de la santé des membres d’une famille, le conseiller en gestion de patrimoine est une personne de confiance dont le rôle est d’accompagner dans la durée ses clients afin de développer leur patrimoine financier. La relation de confiance joue ici un rôle essentiel que la machine ne peut remplacer. Nous allons vous expliquer en détail les missions d’un conseiller en gestion de patrimoine, et les qualifications exigées pour ce métier.

Comprendre le métier de conseiller en gestion de patrimoine

En France, un peu plus de 10% des ménages possèdent un patrimoine net supérieur à 500 000 euros (chiffre de l’INSEE). Ainsi, plusieurs millions de ménages disposent d’un patrimoine que l’on peut considérer comme significatif. Investir et développer ce patrimoine n’est pas un travail facile. Au-delà des connaissances générales nécessaires sur l’allocation d’actifs, une des difficultés de l’exercice réside dans la fiscalité française.

La France est un dédale de niches fiscales et très peu d’épargnants parviennent à comprendre l’ensemble des outils à leur disposition pour gérer efficacement leur patrimoine. La situation est encore plus complexe pour les entrepreneurs, où le patrimoine personnel et professionnel s’entremêlent. Pour correctement gérer son patrimoine, la solution est de faire appel à un conseiller en gestion de patrimoine (CGP).

Beaucoup trop d’épargnants s’en remettent à leur conseiller bancaire pour investir leurs économies. Malheureusement, le service des conseillers bancaires se limite trop souvent à ne proposer que des placements commercialisées par la banque. À l’inverse, les conseillers en gestion de patrimoine travaillent généralement avec des solutions d’épargne en architecture ouverte, et peuvent orienter leurs clients vers les meilleurs placements du marché. Aussi, le CGP ne se contente pas d’investir l’épargne de son client. Préalablement à toute prise en charge, le CGP réalise en principe un audit complet de la situation patrimoniale, professionnelle et personnelle de son client. C’est seulement en prenant en compte tous ces facteurs que le conseiller en gestion de patrimoine peut définir une allocation patrimoniale en accord avec les objectifs de vie et les contraintes du client.

Une fois cette relation de confiance établie, le client délègue généralement la gestion de son patrimoine au CGP. Le mandat de gestion peut porter sur tout ou partie du patrimoine du client. Très souvent, l’épargne financière est investie en assurance vie. Cette niche fiscale française est très polyvalente et permet d’alléger considérablement la fiscalité des revenus du capital. C’est aussi un dispositif efficace pour alléger les impôts au moment de la transmission du patrimoine.

En termes d’allocation patrimoniale, le CGP peut intervenir sur tout type de classes d’actifs. Les fonds diversifiés et les fonds d’investissement en actions figurent en bonne place dans l’allocation patrimoniale investie à long terme. Les épargnants ne sachant pas comment investir en bourse (voir les explications) peuvent donc déléguer ce travail à un CGP. Les missions du CGP ne se limitent pas à cela. Le conseiller en gestion de patrimoine peut également aider le client à développer son patrimoine immobilier (immobilier d’investissement) et en optimiser la fiscalité en déterminant le régime d’imposition optimal.

Aussi, dans une vision à plus long terme, le CGP permet de structurer le patrimoine pour en optimiser sa transmission.

Devenir conseiller en gestion de patrimoine

Le métier de conseiller en gestion de patrimoine est accessible après une validation des acquis professionnels ou en formation post-BAC. Plusieurs universités françaises proposent des formations au niveau master préparant à ce métier. Les jeunes diplômés peuvent intégrer un cabinet de gestion de patrimoine ou une banque à l’issue de leur formation.

Au cours de son cursus, l’étudiant effectue généralement un stage au sein d’un cabinet de CGP. Les salaires en début de carrière démarre à 2000-2500 euros bruts mensuels. Après quelques années d’expérience, le salarié peut devenir associé du cabinet. La rémunération dépend alors directement des performances financières de l’entreprise.

Les contraintes réglementaires étant de plus en plus fortes, il est désormais très difficile de lancer son propre cabinet de gestion de patrimoine sans disposer d’un back office pour assurer la conformité des opérations de gestion des portefeuilles des clients.

Certains étudiants peuvent également s’orienter vers les banques de gestion privée et les services de family office. Ces structures sont dédiées à la gestion du patrimoine de familles disposant de plusieurs dizaines de millions d’euros. Une équipe resserrée pluri-compétente (avocat fiscaliste, gérant de portefeuille, superviseur, investisseurs, etc.) s’occupe à temps complet d’un nombre très limité de clients. Dans cet environnement, des compétences en finance internationale sont essentielles.